Dix mois après la sortie de "Backseat EP", Kaptain Cadillac fait son retour avec un nouveau projet de 4 titres intitulé "Trunk EP", qui se définit comme un véritable hommage aux boites à rythme Roland et au son des années 90 de Chicago.
Rugueux, brut et puissant, "Trunk EP" propose des sonorités variées qui vont du drum track titubant à la booty house martiale en flirtant avec le son early rave. Déjà adoubé par les légendes telles Dave Clarke, DJ Deeon, DJ Funk, Ken Ishii, DJ Funk, Paul Johnson ou DJ Slugo, aussi bien par les pointures comme Borussia, Betty, Don Rimini, Feadz, Krampf, Acid Arab, ZDS, pour ne citer qu’elles, ce nouvel EP installe indiscutablement Kaptain Cadillac comme le fer de lance du renouveau du son ghetto-house.
A l’occasion de la sortie de "Trunk EP", prévue pour le 28/11 prochain, j’ai eu le privilège de m’entretenir avec Kaptain Cadillac, qui nous en dit un peu plus sur son projet, les machines Roland, son label, le ghetto-house mais aussi l’état du footwork en France.

Tu es considéré aujourd’hui comme l’un des ambassadeurs européens du booty bass music, peux-tu nous raconter ton parcours jusqu’ici et nous décrire ton son?

J’ai débuté en mixant du rap parce que c’est ce que j’écoutais principalement, puis j’ai commencé à sortir en club et découvrir la house vers 18 piges. Quelques années plus tard, un peu au hasard je découvre DJ Assault chez un disquaire puis la ghetto-tech et la ghetto-house. Ca a été un coup de cœur immédiat.

"Trunk EP" est le titre de ton prochain EP qui sort le 28/11 prochain via Booty Call Records, après "Wheels EP" et "Backseat EP". Pourquoi tous les titres de tes EPs tournent autour des caisses?

C’est un petit clin d’œil à la motor city et je trouve ça un peu chiant de nommer simplement son EP en fonction d’un des tracks. On peut pousser la métaphore encore plus loin en voyant son DJ set comme une caisse tunée avec les plus belles pièces détachées.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de "Trunk EP"? Quel était l’humeur? Tes inspirations?

Pour ce dernier EP j’ai vraiment voulu retrouver le son cru, minimaliste et rentre-dedans des 90’s, c’est pour quoi je l’ai entièrement mixé chez One Two Pass it sur console Nieve et effets analogiques. Au niveau des influences de ce projet, elles se trouvent principalement du côté de Chicago avec des labels comme Relief, Underground Construction et bien évidement Dance Mania.

Ton projet est qualifié d’hommage aux boites à rythme Roland et au son 90’s de Chicago. Peux-tu nous expliquer ta relation avec les machines Roland?

La TR-909 et 808 sont les drumbox les plus influentes en matière de dance music, que ce soit de la house au hip-hop. Sans le savoir, elles ont accompagnées une grande partie de la musique que j’écoutais avant de me mettre à produire. La 909 reste un monstre d’efficacité en club, la 808 quant à elle a des sons martiaux mais tout aussi impressionnants avec un groove inimitable. Je n’ai d’ailleurs rien utilisé d’autres que la 808 et un flanger pour le morceau "Plastic".

Quels sont les conseils que tu donnerais à un jeune artiste qui veut se lancer dans la ghetto music ?

Je n’ai pas vraiment de conseil concret à donner, les possibilités et les façons de bosser sont infinies.
Le seul conseil que je donnerais ce serait de s’intéresser un minimum à l’histoire de cette musique, ca peut servir 🙂

Ton label Booty Call est le premier label français à avoir importer la ghetto music dont le son footwork en France, mais "Road Trip EP" de DJ Phil reste à ce jour votre dernière release footwork et date de 2013! Peux-tu nous expliquer les raisons de ce choix de ne plus publier d’EPs footwork à proprement parler?

Ce n’est pas tout a fait exact, nous avons sorti le EP de Kidgagball l’année dernière, un producteur juke et footwork français qu’on apprécie particulièrement.
Sinon nous ne sommes pas du tout fermés au footwork, nous restons ouvert à toute sorte de ghetto-music et écoutons toutes les démos qui nous sont envoyés.
De plus, aujourd’hui de nombreux labels spécialisés dans le footwork font du très bon boulot un peu partout dans le monde, que ce soit Teklife, Booty Tune, Polish Juke ou Duck N Cover et bien d’autres.

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’émergence du footwork en Europe et particulièrement en France? As-tu le temps d’écouter ce qui se passe actuellement? Si oui, quels sont tes coups de coeur?

Je garde toujours une oreille attentive sur ce qui se passe de ce côté, en France il y a le label/collectif Le French Work qui est très actif en ce moment et se concentre uniquement sur les artistes hexagonaux.

De quoi aurait besoin le footwork en France pour s’imposer aussi bien à la radio que dans les clubs?

De footworkers! C’est une musique qui a été pensée pour la syncope de la danse footwork, malheureusement il n’y a encore que trop peu de footwork dancers en France. Je vois que c’est en train de changer, lors notre dernière soirée Global Footwork on a pu voir quelques pieds se remuer, ce qui n’était pas vraiment le cas il y a de ca 2-3 ans.

Quels sont tes plans pour cette fin d’année? Une chance de te voir à Lyon?

On se concentre sur les prochaines sorties de Booty Call Records pour vous préparer de très grosses surprises pour 2017. Sinon de belles soirées à venir, rien de calé pour le moment à Lyon, avis aux promoters haha!

Merci Kaptain Cadillac
Merci à vous les crémeux

"Trunk EP" sera disponible dès le 28/11 sur le bandcamp de Booty Call Records

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