Elisa Brolli alias BRÖ est une jeune artiste qui nous vient de la région parisienne. Lauréate du tremplin musiques urbaines STRI-IT 2018/19 organisé par YouTube et le studio des variétés, elle est la bonne surprise de cette fin d’année et se positionne clairement comme l’une des révélations hip-hop du moment.

Son EP intitulé ‘Klaus’ vient juste de sortir (15/11) et elle assure actuellement les premières parties du rappeur KIKESA, tout en préparant son 1er album pour Capitol.

J’ai eu l’opportunité de lui poser quelques questions via mail, voici plus bas le compte-rendu de notre entretien.

Quelle est la signification personnelle de ton nom d’artiste Brö?

On m’appelle Brö depuis l’adolescence, c’est un diminutif de mon nom de famille Brolli. Le tréma est présent en référence aux origines normandes de mon arrière grand père paternel.

Ton 1er EP pour Antipodes Music s’intitule Klaus. Qui est Klaus? Y a t’il une histoire derrière chacun des titres de l’EP?

Klaus c’est un personnage fictif, c’est le prénom que j’ai choisi pour le garçon dont je parle dans la plupart des morceaux. C’est un mec gentil que je ne mérite pas vraiment. Au fond je l’aime mais je suis trop prise par d’autres facteurs extérieurs pour prendre soin de notre relation.

Il n’y a pas vraiment d’histoire derrière chaque titre.

‘Bonsoir’, c’est une dédicace à ma pote Sonia avec qui j’ai l’habitude de dire « bonsoir » quand on croise des mecs qui nous plaisent. Ca partait juste d’un délire et j’en ai fait un morceau.

‘Rêves’ , c’est au sujet d’une soirée et d’une nuit qui m’ont marquée il y a 2 ans. J’avais la certitude d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnel avec quelqu’un. Finalement j’ai essuyé une déception que j’ai mise en chanson.

Qu’est-ce qui t’a aidé à évacuer la pression autour de la réalisation de ton 1er EP?

J’ai pas vraiment eu le temps de me mettre la pression parce que je suivais un master de droit en même temps. J’avais pas forcément pour objectif d’en faire un projet professionnel. C’était une passion sans réel objectif ou du moins l’objectif n’était pas encore conscientisé.

Comment s’est déroulé la réalisation de l’EP?

J’ai tout écrit chez moi sur des instrus confectionnées par mon collaborateur Gaetan Sadi. Et on se voyait le dimanche pour aller au studio enregistrer des morceaux au fur et à mesure. Quand on a senti qu’on avait des vraies chansons, on en a fait un EP.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire du rap?

Un groupe de rap de chez moi qui s’appelle DBR. C’était des potes du lycée et ils m’ont motivée à rejoindre le groupe quelques années après le bac. A la base c’était pour chanter des refrains, finalement je suis devenue rappeuse.

Quel est le type de musique avec lequel t’as grandi?

J’ai surtout grandi avec le rock, notamment Pink Floyd que j’écoutais avec mon père. Un peu de chanson française aussi : Gainsbourg, Brel, Barbara.
En arrivant au lycée je me suis mise à écouter un peu de tout, du rap et de l’électro. Ces temps ci j’écoute surtout de la soul et du rnb, c’est ce qui me touche le plus aujourd’hui.

Les sons Trap sont de plus en plus présents dans le hip-hop français. Penses-tu faire partie d’une scène en particulier? Cherches-tu à faire partie d’une ou tu te laisses aller au gré de tes envies?

Je pense que je suis dans la case pop urbaine, parce qu’elle est suffisamment large. Je vise rien en particulier, je me laisse inspirer par ce que j’écoute et par mes musiciens Jules et Elie avec qui je bosse sur le deuxième projet.

Comment arrives-tu à concilier tes études en criminologie et ta carrière dans la musique? Y at-il un lien entre les deux?

J’ai la chance d’être quelqu’un de très scolaire. J’ai besoin des études pour rythmer ma vie et aérer mon cerveau. C’est difficile pour moi de concevoir de ne plus être étudiante même si je sais que ça risque d’arriver bientôt haha.
Je crois qu’il y a un lien oui. Je pense que l’art et les sciences humaines sont liées de toutes façons. Le droit intègre les notions de morale et de justice et je pense que les artistes sont assez sensibles à ces problématiques la. La criminologie c’est du droit mêlé à de la socio, de la psycho et des sciences dures. C’est présent à tous les niveaux de notre société, comme l’art.

Quelle est ton approche aujourd’hui du côté business de la musique? Y a t-il des choses que t’aurais voulu savoir avant de te lancer?

Je savais qu’il y avait un aspect business à ce milieu. Déjà je l’ai compris en étudiant la propriété intellectuelle et plus tard pendant ma formation chez Stri It. Notre société moderne repose sur le marché et le profit, je suis consciente que tous les arts ont été pris d’assaut par ce système même si ça ne me plait pas. Pour le moment je continue de découvrir tous les aspects de mon milieu, donc même quand certaines choses me paraissent aller à l’encontre de mes valeurs, je préfère laisser faire pour mieux apprendre et construire mes défenses petit à petit.

Peux-tu nous dire un mot sur tes futurs projets, planifiés ou ceux que tu espères voir un jour se réaliser?

Je commence la confection d’un second projet dans lequel il y aura un peu plus de musicalité. Sinon je suis en tournée en première partie de Kikesa jusqu’au 18 Décembre. Je ferai également les bars en transe le 7 décembre et le hasard ludique à Paris le 28 novembre. Sur scène je suis avec Jules à la guitare et Elie à la basse.

Klaus EP sur Apple Music

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